Le fabricant japonais de puces Kioxia a annoncé vendredi avoir enregistré au cours du trimestre avril-juin un bénéfice net multiplié par 45 sur un an en raison d'une explosion de la demande lié à l'essor de l'IA.
( JIJI Press / STR )
La course mondiale à la construction de centres de données pour l'intelligence artificielle (IA) a dopé l'activité des fabricants de semi-conducteurs, faisant grimper en flèche les prix des puces-mémoire en particulier en raison de vives tensions sur l'offre face à une demande colossale.
De quoi doper les profits de Kioxia, spécialisé dans les puces de mémoire flash NAND, technologie très prisée alors que les agents d'IA nécessitent toujours plus d'espace de stockage.
Le groupe japonais a annoncé un bénéfice net trimestriel de 842 milliards de yens (4,55 milliards d'euros), plus de 45 fois supérieur aux 18,28 milliards de yens enregistrés sur la même période un an auparavant.
Le bénéfice d'exploitation en avril-juin a lui été multiplié par 28 sur un an pour atteindre 1.270 milliards de yens. Ces deux chiffres sont toutefois inférieurs aux prévisions des analystes sondés par l'agence Bloomberg.
Cette publication intervient alors que les cours des entreprises du secteur des puces ont connu une volatilité extrême ces derniers jours, en Asie comme à Wall Street, les investisseurs oscillant entre un optimisme porté par la demande soutenue liée à l'IA et la crainte que les valorisations ne soient excessives, faute de rentabilité claire sur les colossaux investissements engagés.
L'action Kioxia a elle-même chuté de 56% au cours du mois écoulé... tout en affichant toujours une hausse d'environ 1.500% sur un an. Il avait brièvement détrôné en juin le géant automobile Toyota comme entreprise la plus valorisée du Japon.
Mais signe d'un retournement du marché, lors de la séance de vendredi un afflux massif d'ordres d'achat sur Kioxia a entraîné la suspension temporaire de la cotation du titre.
Situation similaire pour les champions sud-coréens des puces-mémoires dites HBM, Samsung Electronics et SK hynix.
Ces deux entreprises ont annoncé cette semaine des bonds spectaculaires de leurs bénéfices dopés à l'IA, mais sans enrayer la dégringolade vertigineuse de leur cours... avant de rebondir de concert d'environ 30% sur une seule séance ce vendredi.
Kioxia est née sous le nom de Toshiba Memory, entreprise pionnière dans le secteur des puces-mémoire que le conglomérat japonais Toshiba, alors en grande difficulté financière, a cédée en 2018.
La firme annonce désormais son intention de se coter en Bourse aux États-Unis, à l'instar de SK hynix, qui a fait ses débuts à Wall Street ce mois-ci après l'une des plus importantes introductions boursières de l'histoire.
Le Japon, qui détenait près de la moitié du marché mondial des semi-conducteurs dans les années 1980, en représente aujourd'hui moins de 10%, mais Tokyo entend muscler à nouveau ses pôles technologiques, notamment à Hokkaido (nord), tandis que le taïwanais TSMC est implanté à Kyushu (sud).
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